lundi 11 décembre 2017

Isidore et son casque Vietnam

C’est l’hiver 92, je suis en 1ère Eco dans le 7ème à Paris. En début d’année, je rencontre un mec dans ma classe, branché armée-aventure. Il vient en cours habillé à la mode, genre doudoune Schott, chemise Ralph Lauren… mais avec des rangers de l’armée US. Rien de choquant mais ça m’intrigue, c’est un bahut de bourges. Un jour, à la pause de midi, je le vois assis sur un banc avec un catalogue « Doursoux, surplus militaire ». J’hallucine. Catalogue énorme, je sais pas combien de pages, tout en couleur, classé par rubriques : vêtements, bivouac, insignes… On commence à bavarder, il me passe le catalogue et là je me dis : « Woah ! ». En fait, je veux tout ce que je vois dans le bouquin. Genre une petite housse à chargeur que tu passes à la ceinture. J’ai pas de chargeur mais je me dis que je pourrais foutre mes clés dedans. Al’époque,  moi  aussi,  je  suis  branché armée.  Je fais des maquettes militaires, je mate des docus sur la 2ème guerre mondiale à la télé et j’ai un patch « POW-MIA » cousu sur mon sac de cours. Un Chapelier, tu te rappelles ? C’est quoi « POW-MIA » ? Un insigne noir avec la silhouette d’un GI et au loin, un mirador : c’est pour tous les prisonniers de guerre et les portés disparus.

Bref, mon pote voit que je suis à fond et du coup, il me prête le catalogue. Je rentre chez moi après les cours, je dîne et je vais me coucher avec Fun Radio. Avant d’éteindre, je sors le bouquin du sac à dos et je me régale. Je chope un bout de papier et un crayon et je me fais une liste des insignes que je veux acheter : chasseurs alpins, paras, 2ème DB… Dans ma chambre, j’ai un grand meuble à tout faire : placards, bureau, un lit qui monte et qui descend, et aussi des vitrines. Je tourne les pages et je tombe sur la partie « Collection ». Et là, qu’est-ce que je vois ? Un casque américain, vintage, porté pendant la guerre du Vietnam. Bam ! On arrête tout, c’est ça que je veux. Je précise qu’à ce moment-là, mes maquettes, c’est des décors de jungle, des GI qui lisent Playboy dans un bateau qui remonte la rivière, ou un grand hélico qui vient chercher des mecs dans les ruines d’un temple bouddhiste. Je lis plein de choses aussi sur cette période : la revue Nam par exemple. Un truc des éditions Atlas qu’on trouve chez les marchands de journaux. Y’a la pub à la télé. Mais j’imagine que le casque est pas donné. Je regarde : 300 francs. Quoi ? C’est rien ! 300 francs, ça fait 45 euros, je sais pas si tu vois. Et je commence à planifier une virée au surplus.

Pourquoi planifier ? Je suis fils de prof et à l’époque, j’ai des sales notes en cours. Donc, pas le droit de sortir, de faire des trucs de mon côté… Après les cours, je rentre direct : ma mère a mon emploi du temps scotché dans la cuisine, elle sait à quelle heure je sors. L’enfer. Donc faut que je sois malin. Et là, gros coup de pouce du destin : j’ai un cours de Français qui saute un jeudi en fin de journée. J’ai deux heures. C’est jouable mais c’est ric-rac. Mon bahut est dans le 7ème, Doursoux à Montparnasse. En métro, c’est déjà une bonne demie-heure. Tu rajoutes le temps dans la boutique, et le temps de rentrer à Boulogne où j’habite…

Donc, le fameux jeudi, je sors de cours et je fonce au métro. Je suis comme un ouf. J’ai une seule angoisse, c’est qu’on me dise : « Ah désolé, le casque est déjà vendu ». J’arrive vers Montparnasse, j’ai le plan des rues dans ma tête : c’est dans une petite impasse derrière la Tour. Mais quand je sors du métro, il fait nuit (c’est l’hiver je te rappelle) et je me paume : je descends le boulevard Pasteur, je fais demi-tour, je monte du côté de la gare, idem. Je regarde ma montre, j’ai déjà 20mn dans la vue.  Finalement,  je  demande  au bistrot mais personneconnaît l’impasse. Je retourne alors vers la station et au loin, je vois des drapeaux qui flottent à l’entrée d’un magasin. Putain c’est là ! Je coure avec mon sac sur le dos. Y’a un scaphandre à la porte, des cantines kaki, un filet de camouflage… Le paradis. Entre parenthèses, à 16 ans, tu t’arrêtes à l’esthétique, à l’imaginaire… Tu te dis pas que la guerre, ça fait des morts. Enfin moi en tout cas.

Je rentre là-dedans, je reconnais tout ce que j’ai vu dans le catalogue. Finalement, je tombe sur l’étagère des casques et je vois celui que j’ai repéré. Ils en ont plusieurs en fait. Je chope un vendeur, il les descend. Je compare les camouflages, je paye à la caisse, je fais rentrer le bordel dans mon Chapelier et je fonce au métro. Je suis archi à la bourre. J’arrive sur le quai, problème sur la ligne. Je me dis « Merde ! » et je commence à préparer un mytho pour mes parents : « Ouais, ils nous ont gardé plus longtemps en cours... » La rame arrive, elle est blindée. Je fais mon changement à la Motte Picquet pour prendre la 10 et là, je réalise un truc : je suis pas du tout à la bourre en fait, je me suis gouré dans mes calculs. Mieux que ça : je suis à la Motte Picquet exactement à la même heure que d’habitude pour mon changement. Magique. Là, je me dis que j’ai une bonne étoile.

J’arrive chez moi, l’air de rien, je dîne et je m’enferme dans ma chambre. Là, je sors le casque, usé comme il faut. Il a une bande élastique kaki pour loger des clopes ou des compresses. Et dessus, au marqueur, c’est marqué « Gibson ». Le soldat qui portait le casque s’appelait « Gibson ». A un moment, je me suis même dit, « Si ça se trouve, c’était à Mel Gibson ». Mais le mec était trop jeune pour avoir fait le Vietnam. Je pose le casque sur une étagère, et le lendemain, je le customise : j’achète un paquet de Lucky Strike, en paquet souple, pour glisser sous la bande élastique. Je me rappelle aussi qu’on a un jeu de cartes américain à la maison. On l’avait gratté pendant un voyage sur la Pan Am. Ce qui m’intéresse, c’est l’as de pique. Certaines unités se baladaient avec un as de pique sous l’élastique avant de le déposer sur le corps de leurs ennemis, genre « on signe nos crimes ». On déménage quelques années après et le casque suit, toujours en bonne place.

25 ans plus tard, j’ai toujours ce casque. Pourtant, j’ai laissé tomber les maquettes et je suis anti-guerre. Mais j’y suis vachement attaché. Aujourd’hui, il sert de cale-porte dans ma chambre. Ma fiancée est pas fan mais bon… En revanche, y’a six mois, elle est tombée sur un reportage qui racontait l’histoire de l’as de pique. Du coup, elle m’a demandé de virer la carte, j’ai dit « ok », j’avoue c’est chaud. J’ai jeté les clopes aussi, elles étaient toute sèches, mais j’ai gardé l’emballage. Et « Gibson » est toujours là. Une fois par mois, je passe l’aspi sur la toile qui recouvre le caque. J’ai regardé sur Ebay, y’en pas des masses des casques comme celui-là. Ça vaut entre 150 et 300 euros. Mais le mien, je le vendrai jamais. Je crois que c’est l’objet que je sauverais si y’avait un incendie ou un truc comme ça…

samedi 18 novembre 2017

Discours de D. de Villepin contre la guerre en Irak

Monsieur le Président,

A ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de Sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l'incompréhension, de la suspicion ou de la peur.

Dans ce temple des Nations-Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c'est d'un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.

New York, siège des Nations-Unies, 2003

dimanche 29 octobre 2017

On a retrouvé la tête de L'Origine du monde!

Coup de tonnerre dans le monde de l’art ! L’Origine du monde, signé Courbet, aurait un visage. C’est en tout cas ce que révèle Paris-Match en 2013. L’Origine du monde, c’est cette peinture qui montre le sexe et les  cuisses ouvertes d’une femme allongée. D’après le magazine, un collectionneur aurait mis la main sur le haut du tableau. Récit.

Tout commence en 2010 dans le quartier de St Germain-des-Prés à Paris. Un touriste anglais, que nous appellerons John, marche sous l’averse et cherche à s’abriter de la pluie. Au détour d’une rue, il pousse la porte d’un antiquaire et commence à flâner. Là, entre une horloge ancienne et une commode Louis XV, il tombe sur un petit tableau : le visage d’une femme brune et frisée, les yeux perdus vers le ciel. Un coup de cœur et 1 400 euros plus tard, notre ami anglais rentre chez lui, son tableau sous le bras.
   
A la maison, John déballe sa toile, l’inspecte, et remarque que les bords du tableau ont été découpés. Par ailleurs, chose rare, la toile n’est pas signée. Mais surtout, cette peinture lui rappelle un autre tableau très célèbre, L’Origine du monde de Gustave Courbet, peint en 1866 : une commande attribuée à Khalil-Bey, un diplomate turc installé à Paris qui commande une toile à Courbet pour sa collection personnelle de tableaux érotiques. Mais voilà, deux ans plus tard, Khalil-Bey est ruiné par ses dettes de jeu et doit vendre le tableau. L’Origine du monde passe alors de mains en mains, quitte Paris pour la Hongrie, traverse la deuxième guerre mondiale, entre au Musée des Beaux-Arts de Budapest, avant d’atterrir chez Jacques Lacan, en 1955, qui l’installe dans sa maison de Guitrancourt dans les Yvelines. A la mort du psychanalyste et de sa femme en 1993, le ministère des Finances donne son feu vert à la famille pour régler les droits de succession en cédant la toile au Musée d’Orsay.

Et si le tableau de John était le haut de L’Origine du monde ? Une nuit, obsédé par la question, John décide d’imprimer le chef d’œuvre de Courbet grandeur nature et d’y superposer son visage de femme. C’est la révélation, les deux tableaux coïncident ! Le collectionneur anglais coure alors les musées et les bibliothèques pour savoir qui est la femme qui a posé pour l’artiste. Réponse au Metropolitan Museum of Art de New York. John tombe sur La femme au perroquet, un autre Courbet, dont le portrait correspond au sien. Le modèle s’appelle Joanna Hiffernan, maîtresse du peintre. Dans la foulée, notre amateur d’art rencontre Jean-Jacques Fernier, expert à l’Institut Gustave Courbet et surtout, le seul à certifier officiellement les œuvres du maître. Le visage de la femme passe sous les scanners du Centre d’analyse et de recherche en art et archéologie. Conclusion : tout colle, des couleurs au tissu de la toile de lin en passant par l’écartement des poils du pinceau.

Le musée Courbet à Ornans, en revanche, est plus sceptique. Pour la conservatrice en chef et directrice du musée, « il n'y a aucune preuve du côté des musées de France ». Et puis « L'Origine du monde a toujours été décrite par les critiques de l'époque comme une femme sans tête, ni jambes ». Même retour au Musée d’Orsay où L’Origine du monde est toujours exposé, qui refuse de participer à la polémique. En tout cas, si c’était vrai, le petit tableau de notre ami anglais vaudrait aujourd’hui 40 millions d’euros.

mardi 3 octobre 2017

Recette du Zombie

Dans un shaker, frappez 3cl de rhum ambré, 3cl de rhum blanc, 1,5cl de liqueur d’abricot, 2cl de jus de citron vert, 0,5cl de sirop de grenadine, 6cl de jus d’ananas et 1,5cl de sirop de sucre de canne.
Versez dans un verre tumbler et décorez avec un morceau d’ananas et une pincée de sucre au dessus.